Tourisme dans l’Hérault : le département mise sur l’intérieur des terres
Le tourisme dans l’Hérault se porte bien : avec 54,7 millions de nuitées enregistrées en 2025, le département figure dans le top 3 des territoires les plus visités de France, hors Paris. Mais derrière ce succès se cache un déséquilibre bien connu des acteurs locaux : l’essentiel des visiteurs se concentre sur la bande littorale, tandis que l’intérieur des terres ne capte qu’environ 13 % des nuitées. Le Département a donc décidé de changer de braquet, avec une stratégie assumée de rééquilibrage des flux touristiques.
Un poids lourd du tourisme français
Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Le secteur touristique héraultais représente environ 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires et près de 35 000 emplois directs et indirects. La saison estivale concentre à elle seule près de la moitié de l’activité annuelle, ce qui fragilise les professionnels le reste de l’année. Après une année 2024 jugée exceptionnelle, 2025 a marqué un léger recul de fréquentation (environ -4,5 % sur les neuf premiers mois), sans remettre en cause la place du département parmi les destinations préférées des Français.
Littoral saturé, arrière-pays discret
Quatre-vingt-dix kilomètres de côtes attirent chaque été des centaines de milliers de vacanciers, quand les zones rurales et de moyenne montagne restent largement à l’écart des grands flux. Cette concentration pose des questions très concrètes : pression sur la ressource en eau, tension sur le logement saisonnier, retombées économiques inégalement réparties. Un enjeu d’environnement autant que d’aménagement du territoire, que le Département entend traiter en redirigeant une partie des visiteurs vers les vallées, les vignobles et les villages de caractère.
« L’Hérault Sud prenant », une marque pour fédérer
C’est le nom de la nouvelle marque territoriale portée par le Département : « L’Hérault Sud prenant ». Jean-Louis Gély, vice-président délégué au tourisme et à l’économie, préfère d’ailleurs parler d’« intérieur des terres » plutôt que d’« arrière-pays », un choix de vocabulaire qui dit beaucoup de l’ambition affichée : sortir ces territoires d’un statut de destination secondaire. Concrètement, 111 communes sont réunies sous la bannière « Terres d’Hérault » pour bâtir une communication commune, valoriser les terroirs, étaler la saison touristique et développer un tourisme plus responsable. Jean-François Pouget, directeur d’Hérault Tourisme, mise notamment sur les vignobles et le patrimoine naturel pour incarner cette nouvelle promesse.
Œnorandos et VTT, les deux locomotives
Pour attirer les visiteurs loin des plages, le département s’appuie sur deux atouts déjà bien rodés :
- Les Œnorandos® : un concept inventé par le Département de l’Hérault et labellisé par la Fédération française de randonnée. Ces boucles balisées de 6 à 17 kilomètres traversent les paysages viticoles et se terminent par une rencontre — et une dégustation avec modération — chez un viticulteur.
- Le VTT : l’Hérault revendique le premier rang national pour ses sentiers homologués, avec une dizaine d’espaces labellisés par la Fédération française de cyclisme, près de 200 circuits et plus de 3 000 kilomètres d’itinéraires balisés.
Escalade dans le massif du Caroux, itinérances dans la vallée du Jaur, œnotourisme : l’offre de pleine nature devient l’argument central du voyage et tourisme version héraultaise.
Ce que cela change concrètement
- Pour les visiteurs : une offre mieux structurée à l’année, des activités nature identifiées et labellisées, et des alternatives crédibles au littoral en plein été.
- Pour les professionnels : une marque commune qui donne de la visibilité aux hébergeurs, restaurateurs et domaines viticoles de l’intérieur, un levier utile pour toute entreprise du secteur.
- Pour les habitants : un étalement espéré de la fréquentation, moins de saturation estivale sur la côte et des retombées mieux réparties entre les territoires.
Questions fréquentes
Pourquoi l’Hérault veut-il rééquilibrer son tourisme ?
Parce que l’intérieur des terres ne capte qu’environ 13 % des nuitées touristiques, alors que le littoral concentre l’essentiel des flux, avec les tensions que cela génère en été sur l’eau, le logement et les infrastructures.
Qu’est-ce qu’une Œnorando ?
Une randonnée balisée créée par le Département de l’Hérault et labellisée par la Fédération française de randonnée, qui combine découverte des paysages viticoles et rencontre avec un viticulteur en fin de parcours.
La marque « L’Hérault Sud prenant » est-elle déjà lancée ?
Oui, la marque territoriale a été dévoilée par le Département et se déploie progressivement, avec 111 communes fédérées sous la bannière « Terres d’Hérault ».