Grand rassemblement agricole en plein air avec tracteurs dans la campagne mosellane

Agriculture en Moselle : pourquoi la relève des exploitations inquiète malgré l’essor des Terres de Jim

Du 11 au 13 septembre 2026, les champs de Metz-Magny accueillent Terres de Jim, présenté comme le plus grand rassemblement agricole en plein air d’Europe. Cent hectares mobilisés, 1 200 bénévoles et plus de 100 000 visiteurs attendus sur le week-end : l’événement, porté par les Jeunes Agriculteurs de Moselle avec le soutien du Conseil départemental, met en lumière une agriculture en Moselle à la fois dynamique en façade et fragilisée par un enjeu de fond, celui de la transmission des exploitations aux nouvelles générations.

Un rassemblement hors norme pour une profession vieillissante

Selon la préfecture de la Moselle, le site de Metz-Magny déploie cette année environ 12 000 places de parking (secteurs P1 et P2), complétées par un parking relais à Peltre desservi par navettes de 9h à 1h du matin. La ligne de bus L5 du réseau Le MET’ voit sa fréquence renforcée à 15 minutes les vendredi et samedi soir ainsi que le dimanche, signe de l’affluence anticipée. Au programme : courses de tracteurs, mini-fermes pédagogiques, marché du terroir, restauration locale et concerts, avec des fermetures d’axes routiers et des déviations organisées autour du site.

Mais derrière la fête, la profession agricole mosellane affronte une équation démographique tendue. Le département compte 2 124 exploitations agricoles sur 323 000 hectares de surface agricole utile, avec un cheptel de 226 000 bovins et 45 414 ovins. Or, 59 % des agriculteurs mosellans ont plus de 46 ans, une proportion qui interroge directement la relève générationnelle dans les années à venir.

La transmission, angle mort de la filière

« On ne peut pas parler d’installation sans les jeunes », a résumé Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle, en évoquant les freins à la reprise des fermes. L’accès au foncier, le coût de l’investissement initial et la faible attractivité perçue du métier compliquent l’arrivée de nouveaux exploitants, alors même que plus d’un agriculteur mosellan sur deux devra transmettre son outil de travail dans la décennie qui vient.

Quelques signaux positifs viennent nuancer ce constat. La féminisation de la profession progresse, avec 30 % des salariés agricoles du département désormais des femmes. Les circuits courts se développent aussi : 485 exploitations pratiquent la vente directe, soit 17 % du total, et 330 fermes sont converties à l’agriculture biologique (11,5 % des exploitations). Côté viticulture, l’AOC Moselle, obtenue en 2011, réunit 23 domaines sur 78 hectares et a décroché six médailles au Concours général agricole 2026.

Ce que cela change pour les habitants de Moselle

Pour les résidents, l’enjeu dépasse le folklore agricole du week-end : le renouvellement des exploitants conditionne directement le maintien d’une production locale, la vitalité des marchés de vente directe et l’entretien des paysages ruraux mosellans. Le label Qualité Moselle, qui fédère 600 professionnels agréés (producteurs, artisans, restaurateurs, sites touristiques et hébergements), illustre la volonté du département de structurer une filière courte entre production locale et consommateurs. Reste à savoir si cette dynamique suffira à compenser les départs à venir, dans un contexte où la sécheresse a déjà fragilisé les récoltes dans plusieurs régions françaises cette année.

Les organisateurs de Terres de Jim espèrent que la visibilité de l’événement encouragera des vocations. Mais la profession elle-même reconnaît que la fête ne remplace pas une politique de long terme sur le renouvellement des actifs agricoles et l’accompagnement à l’installation.

Questions fréquentes

Où et quand se déroule Terres de Jim 2026 ?

L’événement se tient du 11 au 13 septembre 2026 aux champs de Metz-Magny, en Moselle, sur un site de 100 hectares.

Pourquoi la transmission des exploitations est-elle un enjeu en Moselle ?

Parce que 59 % des agriculteurs mosellans ont plus de 46 ans : sans repreneurs, une part importante des 2 124 exploitations du département risque de disparaître dans les années à venir.

Quels signes positifs existent malgré ce vieillissement ?

La progression de la vente directe (17 % des exploitations), de l’agriculture biologique (11,5 %) et de la féminisation des salariés agricoles (30 %) témoigne d’une filière qui se diversifie, tout comme la reconnaissance de l’AOC Moselle en viticulture.

Cette dynamique agricole s’inscrit dans un contexte national marqué par les difficultés climatiques : d’autres départements ont dû composer avec l’impact d’une sécheresse sévère sur leurs récoltes cet été, tandis qu’ailleurs des filières agricoles ont bénéficié de mesures de soutien, comme l’indemnisation des pertes agricoles en Corrèze. La viticulture mosellane, elle, rejoint un mouvement plus large d’assouplissement des cahiers des charges des appellations face aux aléas climatiques, déjà observé en Savoie sur les AOP fromagères.

Sources

Préfecture de la MoselleLe Courrier MessinConseil départemental de la Moselle

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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