La Covid-19 n’est plus le seul sujet de discussion. Depuis la rentrée l’implantation de la 5G sur le territoire fait débat. Alors que certains y sont favorables, d’autres comme en Corse préfèrent temporiser.

Emmanuel Macron s’est récemment exprimé sur la 5G et a qualifié d’Amish (congrégation religieuse réfractaire à tout progrès) ceux qui expriment certaines réticences à son déploiement.
De leur côté les écologistes mettent en avant les risques pour l’environnement et les conséquences sanitaires qui ne sont pas encore clairement établies. Difficile de savoir quel camp choisir tant le sujet s’est politisé plutôt que de rester dans un cadre strictement factuel. Pour cause, le manque d’études vraiment indépendantes sur le sujet. Comme on a pu le voir lors de la crise du coronavirus, elles penchent en général du côté de celui qui les commandes et des facteurs économique. Difficile donc d’y voir vraiment clair.

En Corse, au début du mois d’août, bien avant que le débat ne s’installe au niveau national, l’Assemblée de Corse s’est exprimée en faveur d’un moratoire sur le déploiement du la 5G sur l’Ile de Beauté. Son président, Jean-Guy Talamoni, s’est exprimé en ces termes : « Il ne s’agit pas de s’opposer par principe à la 5G. Il s’agit simplement de réclamer le droit pour les élus d’avoir tous les éléments d’appréciation pour prendre position sur cette nouvelle technologie et ne pas être à la remorque de décisions prises par l’industrie ».

Pour ou contre la 5G

 

L’arrivée de la 5G clive la société en deux camps bien distincts : les favorables et les opposants. Les deux ont des arguments qui peuvent s’entendre.
Parmi les voix les plus farouchement opposées au déploiement de la cinquième génération on trouve les écologistes. Le maire vert de Grenoble, Eric Piolle, a eu la sortie la plus fracassante sur le sujet quand il a déclaré que mis à part le fait de « pouvoir regarder un film porno en HD dans un ascenseur » la 5G n’avait pas un grand intérêt.
Il est vrai que si on limite cette nouvelle technologie au simple fait de pouvoir télécharger plus rapidement des films ou réduire le temps de latence des jeux en ligne, on ne voit pas trop l’intérêt de rajouter des antennes et de saturer encore plus l’espace d’ondes. Autre argument mit en avant par les opposants c’est la quantité de zones blanches qui existent en France. Il serait plus utile de déjà couvrir tout le pays avec la 3G ou 4G avant de de s’occuper de la 5G.
Les « progressistes », ceux qui y sont favorables, rétorquent que cette nouvelle technologie est vitale pour développer le secteur industriel et la télémédecine, en raison de sa capacité à traiter un plus grand nombre de données, dix fois supérieure à la 4G. La 5G serait par exemple indispensable pour le développement des voitures autonomes.
Le débat porte principalement sur les ondes. Celles utilisées par la 5G sont beaucoup plus sensibles aux obstacles naturels, elles ont donc besoin de plus d’antennes relais. De plus cette nouvelle technologie consomme trois fois plus d’énergie que la 4G.

Dans un monde idéal, il serait sage de prendre du recul et du temps pour vraiment étudier les conséquences de l’électrification de la planète indépendamment des pressions économiques. Mais ça, c’est dans un monde idéal…